On me demande d'installer AnyDesk ou TeamViewer par téléphone : arnaque ?
Publié le 5 août 20266 min de lecture
Le téléphone sonne. Au bout du fil, une voix calme mais pressante : « votre ordinateur est infecté », « une opération suspecte a été détectée sur votre compte », ou « nous devons vérifier votre box internet ». Pour vous « aider », votre interlocuteur vous demande d'installer un petit logiciel : AnyDesk, TeamViewer, et parfois d'autres noms comme AweSun, UltraViewer ou QuickAssist. Il vous guide, patiemment, étape par étape.
Faut-il le faire ? En un mot : non. Un appel que vous n'avez pas demandé, qui vous pousse à installer l'un de ces logiciels, est dans l'immense majorité des cas une arnaque. La bonne nouvelle, c'est que tant que vous n'avez pas communiqué le fameux « code de connexion », il ne s'est rien passé. Voici comment reconnaître ce piège et comment réagir, sans panique.
AnyDesk, TeamViewer : ces logiciels sont-ils dangereux ?
Rassurez-vous d'abord sur un point : AnyDesk et TeamViewer ne sont pas des virus. Ce sont des logiciels tout à fait légitimes, utilisés chaque jour par de vraies entreprises. Ils servent à la « prise en main à distance » : ils permettent à une personne située ailleurs de voir votre écran et de bouger votre souris, comme si elle était assise devant votre ordinateur. Un vrai dépanneur informatique peut s'en servir, avec votre accord, pour régler un souci sans se déplacer.
Le danger ne vient donc pas du logiciel, mais de la personne à qui vous donnez les clés. Une fois le logiciel installé, il affiche un code (souvent 9 chiffres, ou un mot à répéter). Ce code, c'est votre trousseau de clés. Si vous le dictez à un escroc, il prend le contrôle total : il voit tout ce que vous tapez, ouvre vos sites, déplace vos fichiers. Il peut ouvrir votre banque en ligne, installer un vrai virus, ou lire les mots de passe enregistrés dans votre navigateur. C'est exactement pour cette raison qu'il ne faut jamais donner ce code à un inconnu qui vous a appelé de lui-même.
Les appels piège les plus fréquents
Les escrocs se présentent toujours sous une identité qui inspire confiance et crée un sentiment d'urgence. Les scénarios reviennent sans cesse :
- Le faux support technique : « Microsoft », « Windows » ou « le service de sécurité » vous annonce que votre ordinateur est infecté et qu'il faut agir tout de suite.
- Le faux conseiller bancaire ou faux « service anti-fraude » : on prétend bloquer un virement frauduleux et on vous demande d'installer le logiciel « pour sécuriser l'opération ».
- Le faux technicien de votre opérateur (Orange, SFR, Free, Bouygues) : il évoque un problème de box, de facture ou de débit internet.
- Le faux remboursement : « les impôts », « l'Assurance maladie » ou « EDF » vous doivent de l'argent et ont besoin d'un accès pour « valider le versement ».
Que faire pendant l'appel
Retenez une règle simple, qui vaut pour tous ces appels : ni Microsoft, ni votre banque, ni votre opérateur, ni un service public ne vous téléphoneront jamais spontanément pour prendre la main sur votre ordinateur. Un vrai organisme ne vous demandera pas non plus d'installer un logiciel de contrôle à distance dans l'urgence. Alors, dès qu'un appel prend cette tournure :
- Raccrochez. Vous n'avez aucune politesse à devoir à un inconnu qui fait pression sur vous. Un « je vais vérifier de mon côté et je vous rappelle » suffit pour reprendre la main.
- N'installez rien, ne dictez aucun code, ne cliquez sur aucun lien envoyé par SMS ou par e-mail pendant l'appel.
- Ne vous laissez pas déstabiliser si la personne connaît votre nom, votre adresse ou votre opérateur : ces informations circulent facilement et ne prouvent rien.
- Si un logiciel a déjà commencé à s'installer mais que vous n'avez pas donné le code : fermez la fenêtre, éteignez éventuellement le Wi-Fi, et désinstallez le logiciel par sécurité.
- En cas de doute, rappelez vous-même l'organisme concerné en composant le numéro qui figure sur votre facture, votre carte bancaire ou le site officiel — jamais le numéro donné au téléphone.
Si vous avez déjà donné la main : les bons réflexes
Vous avez installé le logiciel et communiqué le code ? Ce n'est pas une catastrophe si vous agissez vite. On respire, et on procède dans l'ordre :
- Coupez la connexion : fermez le logiciel, débranchez le câble internet ou coupez le Wi-Fi pour interrompre l'accès immédiatement.
- Désinstallez AnyDesk, TeamViewer ou tout autre programme installé pendant l'appel.
- Si vous avez ouvert votre banque, communiqué une carte, ou vu passer un paiement : contactez sans attendre votre banque pour faire opposition et signaler l'incident.
- Changez vos mots de passe importants (messagerie, banque, achats en ligne) depuis un autre appareil — un téléphone ou une tablette — que celui qui a été contrôlé.
- Faites vérifier l'ordinateur : un escroc a pu installer un programme espion invisible à l'œil nu.
- Signalez et faites-vous accompagner gratuitement sur Cybermalveillance.gouv.fr, ou en appelant le 17Cyber, le service public d'assistance aux victimes d'actes de cybermalveillance. Déposer plainte reste possible et utile.
Comment protéger durablement un proche âgé
Ces appels réussissent parce qu'ils prennent la personne au dépourvu, seule face à une voix autoritaire. Le meilleur rempart n'est donc pas technique, il est humain : savoir qu'on peut raccrocher, et avoir quelqu'un de confiance à rappeler pour vérifier. C'est la meilleure phrase à répéter à un parent : « en cas de doute, tu raccroches, et tu m'appelles, moi ou ton dépanneur ».
C'est précisément l'idée derrière Serenidesk : un vrai technicien français, joignable par téléphone, que votre proche connaît déjà. Quand une personne inconnue prétend être « le support », il devient facile de vérifier auprès d'un interlocuteur qu'on identifie vraiment. L'antivirus supervisé et le bouclier anti-faux-support veillent en arrière-plan et alertent en cas de tentative de prise de contrôle suspecte — mais rien ne remplace ce réflexe tout simple : raccrocher, respirer, et demander à quelqu'un de confiance. C'est exactement l'inverse des officines douteuses qui, elles, appellent sans qu'on leur demande.
Questions fréquentes
AnyDesk et TeamViewer sont-ils des virus ?
Non. Ce sont des logiciels légitimes de prise en main à distance, utilisés par de vrais professionnels. Le danger ne vient pas du logiciel, mais du fait de donner le code de connexion à un inconnu qui vous a appelé de lui-même.
J'ai installé le logiciel mais je n'ai pas donné le code de connexion. Suis-je en danger ?
Tant que personne n'a reçu votre code d'accès, personne n'a pu prendre le contrôle de votre ordinateur. Fermez le logiciel et désinstallez-le par simple précaution, puis raccrochez si l'appel est en cours.
Microsoft ou ma banque peuvent-ils vraiment m'appeler pour ça ?
Non. Ni Microsoft, ni votre banque, ni votre opérateur ne vous téléphoneront spontanément pour prendre la main sur votre ordinateur ou vous faire installer un logiciel dans l'urgence. Un tel appel est le signal d'alarme d'une arnaque.
L'escroc a vu mon écran : a-t-il récupéré mes mots de passe ?
C'est possible s'ils étaient affichés ou enregistrés dans le navigateur. Par prudence, changez vos mots de passe importants depuis un autre appareil, contactez votre banque si un compte a été ouvert, et faites-vous accompagner via le 17Cyber ou Cybermalveillance.gouv.fr.